Titine à Charleroi (Lindingre)

cvtitinept.jpgPour les étrangers, Charleroi représente une ville comme les autres. Mais pour la Belgique, ce n’est pas le cas. Charleroi, première ville wallonne en terme d’habitants et troisième commune belge est, en effet, une ville à part. Centre industriel et sidérurgique, Charleroi est une véritable citée ouvrière justement appelée « Pays Noir ». Gangréné par la corruption et une mauvaise gestion de la ville, elle s’est enlisée dans la violence et l’insécurité. Même si petit à petit, elle commence à redorer son blason, elle traîne avec elle un lourd passé qu’elle se doit d’assumer et d’effacer. Dans ce contexte si particulier, caricaturer une ville comme celle-là n’était pas chose aisée. Et si, en plus, on ne vit pas dans ce pays et qu’on est donc étranger à la situation socio-économique de Charleroi, la tâche s’annonce difficile voire presque impossible, au risque de tomber dans une caricature grossière et vide de tout sens ! Malheureusement, Lindingre tombe dans ce piège. Les Carolos ( Nom des citoyens de Charleroi) y sont dépeints comme des personnages stupides, obsédés, ne pensant qu’à une chose: boire des bières et glander ! Un portrait outrageux, vexant et dénué de sens que nous livre Lindingre. Comme dans chaque ville, certains personnages sont plus « haut en couleur » que d’autres ! Mais de là à en faire une généralité, il y a des limites. Si Lindingre avait eu le bon sens de nous faire plusieurs portraits des citoyens de Charleroi, on aurait pu alors se délecter de ces caractères et se moquer de certains. Mais, dans Titine à Charleroi, tous les carolos passent pour des idiots, voire des « bièzes » comme il dit ! Surfant sur les retentissants évènements que cette ville a connu ces dernières mois, il évoque avec maladresse le scandale de l’ICDI, le caractère « chômeur » du Wallon et son indifférence par rapport au travail et au devoir citoyen ! Une véritable injure pour cette ville qui a donné naissance à de nombreux talents de la bande dessinée avec l’école de Marcinelle dont les statues se retrouvent à différents endroits de la ville. Déception donc que ce nouvel album de Lindingre, qui se révèle grossier et triste, par rapport à une ville, qui n’a en aucun cas besoin d’une publicité aussi laide et caricaturale !

Editeur: Fluide Glacial (www.fluideglacial.com) / Prix: 9,95 €  / Format: 220 mm x 300 mm / 46 pages Couleurs / Sortie: disponible en librairie

Copyright de la couverture: © Fluide Glacial

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