Archive pour mars 2008

Spirou et Fantasio par Emile Bravo – Le Journal d’un ingénu

Samedi 29 mars 2008

spiroulejournalduningnu.jpg

Après avoir sorti fin de l’année 2007, un troisième one-shot sur les aventures de Spirou et Fantasio dessinée par Tarrin et scénarisée par Yann, voilà que Dupuis nous en sort un quatrième quelques mois plus tard, fort du succès du précédent. Confié cette fois-ci aux mains expertes d’Emile Bravo, auteur notamment des aventures de Jules chez Dargaud, ce nouveau one-shot est disons-le tout de suite somptueux. Depuis quelques années, Dupuis a eu l’idée de développer ces « one-shot » pour relancer sa série Spirou et Fantasio et lui donner une seconde jeunesse par le biais d’auteurs à la fois réputés et imaginatifs, qui se sont réappropriés l’univers de Spirou tout en lui ouvrant différentes perspectives. Dans les trois premiers one-shot, l’aventure était omniprésente et les références à la série mère nombreuses. Mais dans « Le journal d’un ingénu », on ne retrouve ni les méchants atypcase1planche1.jpgiques de la saga ni robot ou autres engins démoniaques destinés  à contrecarrer les plans de nos braves Spirou et Fantasio. Emile Bravo, lui, a préféré retourner à l’essence même de ce personnage. Ce groom, toujours en habit de fonction, sympathique, gentil et attachant, en se posant des questions sur sa vraie nature: Que Spirou désire-t-il ? Quelles sont ses ambitions et perspectives ? A-il connu l’amour? Quelles sont ses convictions politiques et son avis sur la politique actuelle ? Et bien d’autres encore… Tant de questions qui méritaient d’être éclaircies et dont les réponses sont exposées avec brio par le talent et l’audace d’Emile Bravo. On ne pouvait rêver plus bel hommage à Spirou que ce quatrième one-shot au style léger et épuré où souffle un doux parfum de nostalgie nous rappelant nos bandes dessinées d’antan. La bande dessinée qui par son trait et son histoire nous touche et nous fait regretter la fin de l’histoire. Avec « Le Journal d’un ingénu », on fait un bond de 70 ans en arrière pour se retrouver en plein dans les périodes troublées de l’avant-guerre. A Bruxelles, plus précisément au Moustic Hotel, où se déroule une réunion secrète entre Karl Von Glaubitz, premier secrétaire du ministre allemand des affaires étrangères et des représentants polonais en pleine discussion sur le sort de la Pologne. Réunion capitale qui pourrait décider de l’entrée en guerre de l’Allemagne. Officiant comme groom à cet hôtel, Spirou va faire la connaissance d’une charmante domestique dont il va tomber amoureux. Elle va lui faire découvrir la vie, la politique et tant de choses qui vont permettre à ce Spirou, si innocent et naïf d’ouvrir grand les yeux sur le monde. C’est également aux abords de cet hôtel qu’il fera la rencontre du fantasque Fantasio décidé à réaliser le scoop de l’année par l’entremise des informations que Spirou lui donnerait sur les résidents de son hôtel. Intrépide et sûr de lui, il fera tout pour décrocher le scoop de l’année et ce, au détriment de certaines règles qui pourraient avoir de grave conséquence sur l’avenir du pays tout entier…

case7planche2.jpg

« Le journal d’un ingénu » est une petite merveille scénaristique et graphique. Un mélange à la fois harmonieux et audacieux pour un Spirou si naturelle et vrai. Loin des grandes aventures auxquelles nous avaient habitué ces prédécesseurs, on retrouve dans Spirou, le jeune homme, tracassé par son envie d’aider les autres, émerveillé par la découverte de l’ amour et du monde et étonné par sa rencontre atypique avec son nouvel ami farfelu, Fantasio. Petit déjà, nous rêvions tous de poser les questions que Emile Bravo aborde dans ce livre. Vous n’imaginez donc pas le bonheur du lecteur de pouvoir enfin avoir une partie des réponses à ces questions qui étaient secrètement enfouies au fond de notre tête et dont nous n’osions et n’espérions jamais de réponse. Un pur bonheur, un rêve devenu réalité  qui plus est dépasse également nos attentes tant l’émerveillement en lisant ce livre est présent. Avec un final accrocheur et poignant, on en vient à regretter de tourner les dernières pages de cet excellent one-shot. Nous ne pouvons que vous conseillez de vous procurer au plus vite cette petite perle qui fait honneur à la bande dessinée belge et qui valorise haut et fort nos couleurs et notre pays qui en a tant besoin. Un bijou ! 

Voir les deux premières planches:

Spirou et Fantasio
Album : Spirou et Fantasio
Emile Bravo
2 images
Voir l'album

Editeur: Dupuis (www.dupuis.com) / Prix: 13,00 € /72 pages Coul. / Sortie: 02/04/2008

© Couverture et Extrait d’une planche: Spirou et Fantasio par… (Une aventure de) par Bravo.  © Dupuis 2008

Uchronies (1) – New Byzance T.1 (CORBEYRAN – CHABBERT)

Vendredi 28 mars 2008

newbyzancecouverture1.jpg

Zacharie Kosinski est un prescient. Par ses rêves, il aide les criminelles par la pensée à ne plus récidiver et à devenir d’honnêtes citoyens. Il leur transmet une situation dans laquelle il effectue leur acte criminel et se font arrêter. Ses rêves, si puissants et homogènes, en deviennent réels, de sorte que les criminelles n’ont plus envie de recommencer de sitôt. Mais être prescient n’est pas faciles tous les jours. Il faut être performant tout le temps. Le droit à l’erreur n’est pas permis. Ils sont contrôlés et testés régulièrement pour éviter toute faille dans le système. Et si un élément s’avère défectueux, on le remplace et on l’élimine car les prescients même si ils ne prédissent pas l’avenir constituent une menace pour l’Utopie Fondamentaliste. Cependant, poursuivre un prescient n’est pas chose aisée surtout quand ceux-ci sont au courant de leur défaillance par leur rêves. C’est le cas de Zacharie. Affaibli depuis un petit moment, il sait que ses heures sont comptées. Il va donc anticiper sa mise à l’écart et s’échapper pour se rendre chez une mystérieuse fille, apparue plusieurs fois dans ses rêves…Elle, seule, semble détenir la clé de son salut. Entre-temps, dans les appartements luxueux de New Byzance, se tient une réunion importante pour Tom, un architecte réputé. Ce soir, il présente à ses financiers et partenaires sa nouvelle maquette du complexe « Utopia », refonte d’un vieux quartier, cadrant parfaitement à l’Utopie fondamentaliste actuelle. Jour de gloire pour cette architecte prétentieux et orgueilleux si dévoré par l’ambition et le pouvoir qu’il en oublie sa femme au détriment de Betty, la meilleure amie de celle-ci…

Articulé autour de 3 séries, Uchronies est la nouvelle saga d’Eric Corbeyran. Auteur notamment de la série des Stryges, Corbeyran reprend ici un concept similaire à celui de sa série phare pour développer son idée à travers 3 séries : New Byzance, New Harlem et New York avec un final qui s’annonce époustouflant. Passionné de science-fiction, d’aventures et d’actions, New Byzance est fait pour vous. Illustré de très belle manière par le dessin réaliste de Chabbert, on s’immerge dans cette société futuriste, ultra hiérarchisé où tout semble sous contrôle. Doté d’une mise en couleur réussie, retranscrivant à merveille l’ambiance d’une cité orientale,  New Byzance va en séduire plus d’un. Avec ce premier tome solide, New Byzance annonce l’essor d’une saga futuriste à succès. Mais ça, seule un prescient pourrait nous le dire…

Editeur: Glénat (www.glenatbd.com) / Prix: 12,50 € / Format: 240 x 320 mm / 48 pages Coul. / Sortie: disponible en librairie  

Copyright de la couverture: © Glénat  

Le bois des vierges T.1 (Jean Dufaux – Béatrice Tillier)

Vendredi 28 mars 2008

boisdesvierges.jpg

La fin de la guerre est proche ! Un pacte « inimaginable » est sur le point d’être signé. Par le mariage d’Aube et du fils du seigneur Loup-Gris, les humains et les hautes-tailles sont sur le point de s’unir. Le repos du guerrier a donc sonné. Le temps où le sang coulait à flot sous l’impact des balles et des frappes meurtrières des hautes-tailles et des humains semble révolu pour laisser place à la paix, la joie et l’allégresse. Mais c’était sans compter sur la vilénie d’aube et son frère. Unir sa chair avec un être poilu et muni d’une queue représente un grand sacrifice pour un être humain. Sacrifice qu’Aube n’était pas disposé à réaliser à tout prix. Elle, une belle , jeune et frêle vierge, promise à un avenir radieux. L’homme, par nature, fourbe et rusé, va une fois n’est pas coutume confirmer sa propre nature au grand désespoir des hautes-tailles pour qui une nouvelle guerre vient de commencer.

Quelle claque ! Jean Dufaux, par ces précédents albums, nous avait déjà habitué à nous faire voyager dans les confins de son esprit à la fois tortueux, imaginatif et inattendu, avec bonheur et succès. Il récidive avec  « Le Bois des Vierges » pour nous offrir un album somptueux, lyrique et poétique. Servi par les magnifiques dessins de l’illustratrice Béatrice Tillier, on assiste à des plans de bataille magnifique, des mises en pages recherchées et des portraits tous plus beau les uns que les autres. On sent qu’elle a pris un réel plaisir à dessiner ce fabuleux bestiaire proposé par Jean Dufaux, et on ne se lasse pas de le contempler. Complot, traîtrise, amour et bataille constituent les ingrédients gagnants de ce très bon album de Béatrice Tillier et Jean Dufaux. Une réussite !

Editeur: Robert Laffont (www.laffontbd.fr) / Prix: 13,95 € / 56 pages Coul. / Sortie: disponible en librairie

Copyright de la couverture : © Robert Laffont 2008

L’Ultime Chimère T.1 – Le patient 1167 (Bollée – Griffo – Héloret)

Vendredi 28 mars 2008

lultimechimre.jpg

En l’an 2129 Ap. J.-C., dans l’asile Björn Wirdheim, sur l’île de Gotland, se cache un terrible mystère : celui du patient 1167. Mais pour l’ensemble du personnel travaillant au département psychiatrie, ce patient 1167 n’est qu’un élément transparent, qu’un fou de plus parmi tant d’autres, excepté pour le docteur Ekström, seule médecin femme de l’asile et embauché depuis seulement trois mois par l’institut. Soucieuse d’effectuer son travail avec devoir et humanisme, elle s’intéresse progressivement à ce patient si énigmatique. Taiseux, froid, posé et calme, ce patient semble avoir toute sa tête à l’instar de ces compagnons de cellules. Intriguée, Léna va alors se renseigner sur son passée et découvrir un terrible mystère. En effet, lors de ses recherches, elle découvre que le patient 1167 est en fait, Morgan Shepherd, ancien haut fonctionnaire de l’île d’Harbor, interné le 27 septembre 1967 après avoir été jugé coupable du meurtre de sa femme et ses deux filles à coups de couteau. Cette information provoque la stupeur chez Léa car cela signifie que Morgan Shepherd est interné depuis 162 ans ! Sans ressource, elle fait appel à la fondation Witzler, entreprise fondée par Arthur Witzler, riche milliardaire, pour découvrir les plus grands mystères de l’humanité. Disposant des dernières technologies de pointe, la fondation, au bord de la fermeture, va se lancer dans l’analyse de ce personnage si mystérieux. Accompagné dans ses recherches par Murphy, un archéologue, historien et anthropologue, ils vont tenter de percer le mystère de Shepherd. Et un mystère en amenant un autre, ce chercheur de renom vient également de faire une découverte de premier ordre. En pleine Australie, il a découvert, outre le fossile d’un Gorgosaurus, des peintures murales de dinosaures réalisées par des hommes préhistoriques. Hors, 70millions d’année sséparent les dinosaures des derniers hommes. Les fondements même de la préhistoire sont alors remis en question…

Prévu en 7 tomes, avec des dessinateurs différents pour chaque tome tout en maintenant une unité graphique au niveau des couvertures par Griffo, l’Ultime Chimère est une nouvelle série ambitieuse de science-fiction. Dans ce premier tome dessinée par Griffo, Bollée plante le décor et s’attache à nous décrire la fondation et les différents évènements étranges qui s’y déroulent. Le scénariste d’Apocalypse Mania pose donc les bases d’une saga qui mènera les auteurs à découvrir la flèche de Nemrod, qui aurait même blessé le créateur de l’univers, Dieu. Ambitieux, vous avez dit ambitieux. Cette saga l’est ! Dessiné avec finesse et précision par Griffo, L’Ultime Chimère propose une grande aventure épique qui méritera d’être lue dans son ensemble pour l’apprécier à sa juste valeur, lorsqu’on saura où Bollé veut vraiment en venir. Et gageons que l’avenir nous confirmera que cette Ultime Chimère sera à la hauteur de nos espérances.

Editeur: Glénat (www.glenatbd.com) / Prix: 12,50 € / Format: 240 x 320 mm / 48 pages Coul. / Sortie: disponible en librairie  

Copyright de la couverture: © Glénat  

 

Petite Nature T.2 – Même pas peur (Chauzy – Lindingre – Barrois)

Jeudi 27 mars 2008

memepaspeurpetitenature2bdfullsize.jpg

Jean-Christophe est le prototype même du quadragénaire dans toute sa splendeur. Célibataire endurci, gentil et aigri par ces histoires passées, ce bon bougre ne rêve que d’une vie meilleur et de trouver l’âme sœur. Et quand on apprend que ce Jean Christophe n’est autre que le dessinateur lui même, les histoires prennent une autre dimension. Un goût et une saveur toute particulière. Car Jean-Christophe Chauzy, accompagnée de ces deux co-scénaristes, a eu l’intelligence d’exagérer ce personnage et de façonner un anti-héros attachant, savoureux et drôle. Avec dérision et exagération, Chauzy se met en scène pour se retrouver tantôt dans les immeubles de Fluide Glacial en mauvaise posture, tantôt à des jeux concours mettant en avant ses talents de dessinateurs ou bien dans des cabarets à l’ambiance torride. Petite Nature 2 offre des atmosphères diverses et variées pour un album qui ne l’est pas moins. Par son dessin rempli d’expression et de finesse, ses couleurs chaudes et chatoyantes, Chauzy nous fait partager de manière caricaturale et délicieuse les affres d’un quadragénaire sympathique et terriblement attachant. Regorgeant d’ingéniosité et d’imagination, Petite Nature 2 se révèle être un petite perle servie dans un écrin trois étoiles. Une couverture souple très agréable et un papier crème d’une remarquable qualité n’en font qu’augmenter notre plaisir à lire cette petite nature, certes mais grande par le talent !

Editeur: Fluide Glacial (www.fluideglacial.com) / Prix: 11,95 € / Grand Format / 46 pages Couleurs / Sortie: disponible en librairie

Copyright de la couverture: © Fluide Glacial – 2008

1234