Archive pour mars 2008

La Licorne T.2 Ad Naturam (Gabella – Jean)

Dimanche 2 mars 2008

1331474.jpgL’anatomie du corps humain s’est transformée et a littéralement changé. Les Asclépiades,  une confédération qui a pour but de garder le savoir médical afin d’en assurer sa pérennité, sont bien décidés à savoir qui est à l’origine de ce changement et à y mettre fin. Après avoir échappé miraculeusement à la mort lors de la destruction du temple des Asclépiades, Nostradame, Paré, Parascele et les primordiaux se rendent à Milan afin d’analyser des tapisseries au nombre de 6 qui indiquerait celui qui est à l’origine de la transformation du corps humain. Avec comme arme redoutable, les primordiaux, créatures fantastiques de légende, capable de se transformer et de se régénérer rapidement, ils s’apprêtent à braver bien des dangers pour préserver l’existence même de ce corps humain. 

Après un premier tome très fouillis et brouillon, on espérait avoir dans ce deuxième tome un certain nombre d’explications et d’éclaircissement sur ces primordiaux, ces asclépiades et cette église. Et on n’est pas déçu ! Mathieu Gabella a très bien compris nos attentes et nous livre un deuxième tome clair, précis et passionnant. Le scénario s’avère encore plus intéressant et on sent véritablement que l’histoire prend son envol dans ce deuxième tome. On comprend pourquoi la narration du premier tome avait été rendu difficile tant un nombre important de donnée devrait être narrée pour savourer toute la subtilité du récit. Mise en image de façon remarquable par Anthony Jean, on redécouvre avec plaisir le bestiaire de la Licorne enrichie de minotaures, cerbères ou autres créatures fantastiques. Dans une ambiance sombre et angoissante, il retransmet de manière fidèle les villes de la renaissance comme Milan ou Rome. Les scènes d’actions et de violence sont également réalisées avec dynamisme sur un rythme effréné. On s’y croirait. Ce tome 2 ne fait que confirmer le très bon premier tome. Avec un scénario plus limpide et un dessin encore plus précis, on passe un excellent moment à découvrir qui a le pouvoir de transformer et de changer l’espèce humaine ! Excellent !

A noter que pour la première édition, Delcourt offre un cahier graphique de 8 pages. Une très bonne idée pour admirer les magnifiques croquis esthetiques de Anthony Jean. On y apprend également sa technique de mise en couleur ansi que la conception du scénario de Mathieu Gabella !

Editeur: Delcourt (www.editions-delcourt.fr) / Prix: 12,90€ / Grand format/ 56 pages N&Blc / Sortie: disponible en librairie

© Couverture: Delcourt

Best 13 of Gogol – Le choix de l’auteur (Saito-Takao & Saito Production)

Dimanche 2 mars 2008

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Publié il y a 40 ans dans le célèbre magazine Big Comic Spirits (de Shogakukan), Gogol 13 (lisez thirteen) est depuis lors l’un des mangas les plus connus au Japon. Ce personnage emblématique incarné par Duke Togo est un assassin froid, taciturne et sans pitié !  Redouté de tous, ce tueur à gage exécute ses contrats de manière net, précise et efficace. Moyennant une grosse somme d’argent, tout le monde peut s’attacher les services de ce James Bond japonais pour qui rien n’est impossible! En avril 2006, Glénat avait déjà sorti un premier recueil de 13 histoires choisies par les lecteurs. Cette fois-ci,  Glénat remet le couvert avec 13 histoires choisies par l’auteur. Dans ce nouveau recueil de plus de 1000 pages, on se réjouit de retrouver Gogol parcourir le monde, affronter les pires malfrats et remplir ses contrats avec brio. Un Seinen cultisme !

Les missions présentent dans ce volume :

1/Diamant contre diamant – 2/Dormir en cage – 3/25.000 ans de désert – 4/La poupée russe – 5/Tout pour le peuple – 6/Route 95 – 7/La cantique de Mark – 8/Duel au soleil couchant – 9/Nuit infinie – 10/Jet Stream – 11/Le vieil arrêt de la diligence – 12/Une offrande à dieu – 13/The best bank 

Editeur: Glénat (www.glenatmanga.com) / Prix: 20,00€ / 150 mm x 210 mm/ 1184 pages N&Blc / Sortie: disponible en librairie

© Couverture: Glénat

Color (Eiki Eiki – Taishi Zaou)

Dimanche 2 mars 2008

288big.jpg Lors d’une exposition organisée par son ami Tomo, Takashiro tombe sur une toile représentant les mêmes couleurs que lui. Jouxtant sa toile, ce tableau interpelle au plus haut point Takashiro. Quelqu’un serait capable de réaliser les mêmes couleurs que lui, ces couleurs qui viennent du cœur ! Intriguée, il se met en quête de cette jeune fille prénommée Sakae Fuyimoro. Fruit du hasard ou signe du destin, il se retrouve dans le même groupe au lycée Ryokuyo. Alors qu’il s’attendait à rencontrer une fille, il se rend compte que l’auteur de la toile, est en fait, un jeune homme au joli minois ! Sakae Fuyimoro qui possède des couleurs semblables au sienne… 

Color traite de la rencontre inattendue entre deux artistes, Takashiro et Sakae. Deux personnes timides qui transgresse cette timidité à travers leur toile et leur pinceau. Associant chaque couleur à une émotion, un sentiment,  ils se mettent littéralement à nu dans leur réalisation. Alors quand une personne comprend et ressent les mêmes couleurs que lui, Takashiro se sent transi, empli d’un sentiment étrange : celui d’être compris, d’exister à travers cette compréhension. Ce sentiment si profond le guide jusqu’à sa rencontre avec Sakae. Personnage sérieux et rationnel, Sakae représente l’alter ego parfait de Takashiro, qui est souvent dans la lune et reste imprévisible. L’alchimie naissante entre ces deux êtres va petit à petit se muer en un amour profond et réciproque. Hésitant et terrorisé à l’idée d’éprouver un sentiment si fort et presque interdit, ils basculent tous les deux dans les Abysses de l’amour par une tornade de couleurs et d’émotions. Exposé avec douceur et tendresse par les auteurs, Color propose une réflexion intéressante sur l’amour entre deux artistes, bravant les interdits et décidés à exposer leur vrai couleur au monde entier.

Editeur: Asuka (www.asuka.fr) / Prix: 7,95€ / 127 mm x 182 mm/ 192 pages N&Blc / Sortie: disponible en librairie

Couverture: © 1999 EIKI EIKI & TAISHI ZAOU. All rights reserved.

Le Fleuve Shinano T.1 (Kazuo Kamimura – Hideo Okazaki)

Samedi 1 mars 2008

280big.jpgEn décembre 1918, de l’an Taishô, naît Yukié Takano dans la région de Tôkamachi-na-kaùo. Cette région situé sur le bassin de la shinano occupe une position délicate de part sa proximité au fleuve. Soumis aux caprices du fleuve, elle est victime d’innombrables crues, rendant ses paysans pauvres et les obligeant à adopter un mode de vie douloureux et éprouvant. De sorte que la naissance d’un nouveau-né les obligent à s’en séparer immédiatement sous peine de mettre en périble leur situation déjà si précaire. Cette triste réalité rend donc encore plus marquant la naissance de Yukié. Issue d’un milieu aisé, celle-ci va  marquer à jamais la vie du jeune Tatsukichi. Triste à l’idée de devoir quitter un viel ami, Tatsukichi entre en service chez le maître Takano. C’est dans cette maison qu’il fait la rencontre de sa fille, Yukié, rencontre qui restera gravé à jamais dans le coeur de Tatsukichi. Hatissant  railleries et  jalousies, il va progressivement tisser des liens d’amitiés avec la jeune fille. Jusqu’au jour où ceux-ci vont se transformer en amour… Après l’excellent LadySnowblood (paru en 2 volumes chez Kana), Asuka nous offre un nouveau manga de Koike Kamimura. Cette fois-ci, accompagné d’Hidéo Okazaki.

Attendu avec impatience par de nofleuve1.jpgmbreux fans, on retrouve avec délectation les sublimes (et le mot est faible) dessins de Kamimura. Son sens du réalisme, du découpage et de la disposition graphique font  office de véritables modèles du genre. Alternant avec intelligence, plan large et plan rapproché, il maintient le lecteur en haleine et l’immerge totalement dans le récit. Plongé dans les paysages enneigés de Tokamachi-na-kauo, on s’évade totalement. Et que dire de ces personnages? Somptueux, lyrique, émotionnelle, intime et terriblement réaliste. Par ces traits, on se met dans la peau du personnage. On se surprend à ressentir et éprouver leur peine et joie.  Cette caractéristique est d’autant plus importante quand on parle d’amour. L’émotion est donc très bien rendue et nous submerge de part en part du récit. Après nous avoir attelé à tirer l’éloge de ce dessinateur de talent, tournons nous vers le scénario. Si l’immersion s’est révèle bien présente au niveau graphique, elle l’est moins au niveau de la trame narrative du « Fleuve de Shinano ». Cette histoire d’amour, sur fond de tendresse et de lyrisme, se révèle classique et beaucoup trop prévisible. Même si on est pris par les personnages, par la douleur et les émotions qu’ils véhiculent, on aurait voulu plus de profondeur et de consistance par rapport aux actes qu’ils accomplissent par la suite. De la surprise, des rebondissements et des révélations auraient été les bienvenus pour secouer cette histoire somme toute linéaire et sans véritable saveur. Le thème de l’amour, maintes fois utilisées, aurait pu être montré sous un autre jour, par les dessins chargés d’émotions de Kamimura. Hors, par la faiblesse du scénario, on ne profite pas assez de cette alchimie possible entre ces deux auteurs.

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Mais soyons honnêtes, ce manga reste à conseiller si ce n’est que pour les moments de lyrisme et de poésie que nous délivre Hidéo Okazaki et les splendides dessins que nous gratifient Kamimura qui semble littéralement sortir des estampes japonaises d’Utamaro, Hokusai ou Hiroshige. Un pur régal pour les yeux. L’homme aux 400 pages par mois n’en a pas fini de nous régaler et de nous faire rêver à travers ses paysages pittoresques et ses portraits sublimes. A réserver donc aux amoureux de ce virtuose du dessin qu’est Kamimura et aux autres qui veulent découvrir l’amour à travers les yeux de cette jeune fille sensuelle, amorale et sans pitié… 

Editeur: Asuka (www.asuka.fr) / Prix: 9,95€ / 150 mm x 210 mm/ 224 pages N&Blc / Sortie: disponible en librairie

© Couverture: Asuka

Titine au Bistrot T.2 (Lindingre)

Samedi 1 mars 2008

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Après avoir sorti il y a quelques mois, Titine à Charleroi (voir critique), Lindingre nous revient avec le deuxième tome de cette même héroïne mais cette fois-ci au Bistrot. Dans « Délire total !», Titine nous revient en pleine forme (si on peut s’exprimer de la sorte quand on connaît le caractère de celle-ci). Peu enclin à l’effort, elle passe son temps à se traîner dans les bars, à boire des coups, nourrir son frère Bouffy et s’éclater au lit. Dans  le bistrot « Le café des Amis », rendez-vous incontournable pour Titine et sa bande, elle passe son temps à raconter ses histoires et sa vie trépidante… Entre sa convocation à l’ANPE pour faire un stage et les jeux olympiques, on y apprend un tas de choses sur cette « pouffiase » de comptoir qu’est Titine. Représenté avec un groin sur la figure, ces personnages sont à l’image du dessin de Lindingre : Vulgaire, gras et caricaturale. Par un trait épuré et net, il arrive à donner à ces personnages l’allure de véritables porcs ! Cette adéquation sert le récit et donne une grande crédibilité aux paroles et actions de Titine et ses comparses. Par le biais de ceux-ci, Lindingre caricature de façon sulfureuse la France, pointe du doigt les principaux problèmes auxquelles elle est confrontée, pour finir par dresser un portrait aigre, corrosif et peu élogieux de cette France, celle d’en bas.

Editeur: Fluide Glacial (www.fluideglacial.com) / Prix: 9,95 €  / Format: 220 mm x 300 mm / 46 pages Couleurs / Sortie: disponible en librairie

Copyright de la couverture: © Fluide Glacial – 2008

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