
Jean-Christophe est le prototype même du quadragénaire dans toute sa splendeur. Célibataire endurci, gentil et aigri par ces histoires passées, ce bon bougre ne rêve que d’une vie meilleur et de trouver l’âme sœur. Et quand on apprend que ce Jean Christophe n’est autre que le dessinateur lui même, les histoires prennent une autre dimension. Un goût et une saveur toute particulière. Car Jean-Christophe Chauzy, accompagnée de ces deux co-scénaristes, a eu l’intelligence d’exagérer ce personnage et de façonner un anti-héros attachant, savoureux et drôle. Avec dérision et exagération, Chauzy se met en scène pour se retrouver tantôt dans les immeubles de Fluide Glacial en mauvaise posture, tantôt à des jeux concours mettant en avant ses talents de dessinateurs ou bien dans des cabarets à l’ambiance torride. Petite Nature 2 offre des atmosphères diverses et variées pour un album qui ne l’est pas moins. Par son dessin rempli d’expression et de finesse, ses couleurs chaudes et chatoyantes, Chauzy nous fait partager de manière caricaturale et délicieuse les affres d’un quadragénaire sympathique et terriblement attachant. Regorgeant d’ingéniosité et d’imagination, Petite Nature 2 se révèle être un petite perle servie dans un écrin trois étoiles. Une couverture souple très agréable et un papier crème d’une remarquable qualité n’en font qu’augmenter notre plaisir à lire cette petite nature, certes mais grande par le talent !
Editeur: Fluide Glacial (www.fluideglacial.com) / Prix: 11,95 € / Grand Format / 46 pages Couleurs / Sortie: disponible en librairie
Copyright de la couverture: © Fluide Glacial – 2008

A l’heure actuelle, les médias télévisuels occupent une place prépondérante dans la vie de tout un chacun. Avec l’arrivée, il y a quelques années, de la téléréalité, et plus récemment de l’engouement du public pour les séries, la TV est devenu un véritable sujet de conversation de par les programmes et émissions qu’elles diffusent. On ne parle que de la Star Ac, de Prison Break ou autre Desperate Housewives. Mo/CDM a bien compris ce phénomène et nous le retransmet en bande dessinée. Les deux victimes de la TV sont une ménagère de 50 ans, véritable accro/addict de la télé et son chien également adepte du petit écran. A travers des mini-strips de 3 à 5 cases (parfois même plus selon les sujets traités), Mo/CDm caricature les fans de TV par des gags hilarants et criant de vérité. On se marre en voyant cette ménagère s’habiller en Virginie Efira, défendre Nicos Aliagas ou bien regarder Desperate Housewives avec ses copines du troisième âge.Après avoir sorti il y a quelques mois Cosmik Rogers (
Pour les étrangers, Charleroi représente une ville comme les autres. Mais pour la Belgique, ce n’est pas le cas. Charleroi, première ville wallonne en terme d’habitants et troisième commune belge est, en effet, une ville à part. Centre industriel et sidérurgique, Charleroi est une véritable citée ouvrière justement appelée « Pays Noir ». Gangréné par la corruption et une mauvaise gestion de la ville, elle s’est enlisée dans la violence et l’insécurité. Même si petit à petit, elle commence à redorer son blason, elle traîne avec elle un lourd passé qu’elle se doit d’assumer et d’effacer. Dans ce contexte si particulier, caricaturer une ville comme celle-là n’était pas chose aisée. Et si, en plus, on ne vit pas dans ce pays et qu’on est donc étranger à la situation socio-économique de Charleroi, la tâche s’annonce difficile voire presque impossible, au risque de tomber dans une caricature grossière et vide de tout sens ! Malheureusement, Lindingre tombe dans ce piège. Les Carolos ( Nom des citoyens de Charleroi) y sont dépeints comme des personnages stupides, obsédés, ne pensant qu’à une chose: boire des bières et glander ! Un portrait outrageux, vexant et dénué de sens que nous livre Lindingre. Comme dans chaque ville, certains personnages sont plus « haut en couleur » que d’autres ! Mais de là à en faire une généralité, il y a des limites. Si Lindingre avait eu le bon sens de nous faire plusieurs portraits des citoyens de Charleroi, on aurait pu alors se délecter de ces caractères et se moquer de certains. Mais, dans Titine à Charleroi, tous les carolos passent pour des idiots, voire des « bièzes » comme il dit ! Surfant sur les retentissants évènements que cette ville a connu ces dernières mois, il évoque avec maladresse le scandale de l’ICDI, le caractère « chômeur » du Wallon et son indifférence par rapport au travail et au devoir citoyen ! Une véritable injure pour cette ville qui a donné naissance à de nombreux talents de la bande dessinée avec l’école de Marcinelle dont les statues se retrouvent à différents endroits de la ville. Déception donc que ce nouvel album de Lindingre, qui se révèle grossier et triste, par rapport à une ville, qui n’a en aucun cas besoin d’une publicité aussi laide et caricaturale ! 
