
Libera est une ville « poubelle ». Véritable réceptacle à immondices et ordures, elles revêtent un aspect peu enclin aux voyages et à l’habitat. Sale, désordonnée et emprunte au chaos et à l’anarchie, Libera est véritablement un terre ingrate pour les humains. Abandonnée par ceux-ci, elle est devenue la terre d’accueil des mutants, qui arpente les collines et errent dans les endroits sombres et sinistres de Libera. Tout le contraire de Danubia, ville ordonnée, propre où ils font bon vivre et qui constitue l’exemple même d’une ville riche et prospère. Partagé entre plusieurs maisons, le pouvoir est dirigé par un Memomater, une intelligence artificielle, qui sur suggestion des grandes maisons, règle les problèmes et prend les grandes décisions pour devront à long terme assurer la pérennité de Danubia. Quel intérêt peut donc révéler cette ville, Libera, si peu enclin à l’hospitalité, pour le Mémomater ? Et bien, ces ressources. Libera possède des sols très fertiles et propices à l’exploitation. Un intérêt commercial qui ne passera pas inaperçu auprès des différentes maisons bien décidées à faire du commerce sur cette terre isolée. Mémomater décide donc d’épurer complètement cette terre et de recommencer une nouvelle vie sur cette planète. Mais une condition s’impose avant de lancer cette épuration : aucun être humain ne doit y être présent sous peine de rendre le processus impossible. Hors, Asia s’est rendue sur Libera afin de porter secours au « P’tit môm ». Tout profit pour demi-mort qui va pouvoir s’acquitter d’une mission de la plus haute importance. Libera caractérise l’archétype même de deux planètes totalement opposées mais qui sont inévitablement liées. Leur sort n’étant pas différent l’un de l’autre. Car cette planète « poubelle » est vital pour la planète « propre ». Une cruelle ironie du sort mise en scène de manière intelligente avec un récit qui monte en puissance au fur et à mesure des tomes. Une ambiance sombre, sinistre et presque d’enfer pour Libera contrastant avec une luminosité, une propreté, une rectitude pour Danubia, font du dessin de Cadelo une véritable réussite. Tant à travers son dessin que dans l’utilisation de la couleur, il arrive à sentir l’émotion et l’ambiance qu’il doit donner au récit. A découvrir…
Editeur: Glénat (www.glenatbd.com) / Prix: 12,50 € / Format: 240 x 320 mm / 48 pages Coul. / Sortie: disponible en librairie
Copyright de la couverture: © Glénat