Archive de la catégorie ‘CRITIQUES DE BD’

Jojo T.17 – Confisqué ! (André Geerts)

Mardi 22 avril 2008

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Il existe des objets qui par leur valeur émotionnelle et sentimentale n’ont pas de prix. Des objets qui nous évoquent de bon ou de triste moment et qui constitue des souvenirs impérissables. La montre du papa de Jojo fait partie de ceux-ci. Transmises de père en fils depuis des générations, cette montre symbolise la volonté et l’abnégation dont un des membres de la famille a fait preuve pour lutter et s’affirmer dans le monde du travail.  C’est au tour du Jojo de recevoir cette montre, vieille de cent trente-ans. Fier d’être l’heureux propriétaire de cette montre, Jojo n’hésite pas à l’amener à l’école pour la montrer à tous ces camarades de classes. Mais c’était sans compter sur la vigilance d’Antoine Fronsse, le directeur de l’école, bien décidé à faire régner l’ordre et la discipline dans sa classe où les objets ludiques et futiles n’ont pas sa place…

Dans ce 17ème album,  Jojo se retrouve encore dans le pétrin. Sa montre confisquée, il va tout faire pour la récupérer avec l’aide de Gros Louis. Ces deux-là font la pair et n’en rate pas une pour nous divertir avec leurs idées saugrenues. Une sympathique histoire qui nous replonge dans le monde délicieux et adorable de l’enfance où l’innocence et la gentillesse règne en maître. Une enfance où les rêves et les espoirs sont permis. André Geerts, par l’intermédiaire de Jojo, nous rappelle les délices de l’enfance et à quel point  nous restons de grands enfants.

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Editeur: Dupuis (www.dupuis.com) / Prix: 9,20 € /48 pages Coul. / Sortie: disponible en librairie

© Couverture et Extrait d’une planche: Jojo par Geerts.  © Dupuis 2008

Libera T.2 – Gran Môm (Boisserie – Cadelo)

Dimanche 20 avril 2008

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Libera est une ville « poubelle ». Véritable réceptacle à immondices et ordures, elles revêtent un aspect peu enclin aux voyages et à l’habitat. Sale, désordonnée et emprunte au chaos et à l’anarchie, Libera est véritablement un terre ingrate pour les humains. Abandonnée par ceux-ci, elle est devenue la terre d’accueil des mutants, qui arpente les collines et errent dans les endroits sombres et sinistres de Libera. Tout le contraire de Danubia, ville ordonnée, propre où ils font bon vivre et qui constitue l’exemple même d’une ville riche et prospère. Partagé entre plusieurs maisons, le pouvoir est dirigé par un Memomater, une intelligence artificielle, qui sur suggestion des grandes maisons, règle les problèmes et prend les grandes décisions pour devront à long terme assurer la pérennité de Danubia. Quel intérêt peut donc révéler cette ville, Libera, si peu enclin à l’hospitalité, pour le Mémomater ? Et bien, ces ressources. Libera possède des sols très fertiles et propices à l’exploitation. Un intérêt commercial qui ne passera pas inaperçu auprès des différentes maisons  bien décidées à faire du commerce sur cette terre isolée. Mémomater décide donc d’épurer complètement cette terre et de recommencer une nouvelle vie sur cette planète. Mais une condition s’impose avant de lancer cette épuration : aucun être humain ne doit y être présent sous peine de rendre le processus impossible. Hors, Asia s’est rendue sur Libera afin de porter secours au « P’tit môm ». Tout profit pour demi-mort qui va pouvoir s’acquitter d’une mission de la plus haute importance. Libera caractérise l’archétype même de deux planètes totalement opposées mais qui sont inévitablement liées. Leur sort n’étant pas différent l’un de l’autre. Car cette planète « poubelle » est vital pour la planète « propre ». Une cruelle ironie du sort mise en scène de manière intelligente avec un récit qui monte en puissance au fur et à mesure des tomes. Une ambiance sombre, sinistre et presque d’enfer pour Libera contrastant avec une luminosité, une propreté, une rectitude pour Danubia, font du dessin de Cadelo une véritable réussite. Tant à travers son dessin que dans l’utilisation de la couleur, il arrive à sentir l’émotion et l’ambiance qu’il doit donner au récit. A découvrir…

Editeur: Glénat (www.glenatbd.com) / Prix: 12,50 € / Format: 240 x 320 mm / 48 pages Coul. / Sortie: disponible en librairie  

Copyright de la couverture: © Glénat

Haute Sécurité T.1 et T.2 Cycle 1 (Gihef – Callede)

Samedi 19 avril 2008

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Avec Haute Sécurité, Carrère et Gihef vous invite dans l’enfer du monde carcéral. A travers un homme, Aleks, jeune gardien de prison, qui découvre avec effroi et stupeur ce dur métier. Un monde où la loi du plus fort règne un maître. Où les prisonniers se réunissent en gang et imposent leur vision, leur loi. Et gare à ceux qui ne veulent pas les respecter sous peine de se retrouver hors jeu. Vivre aux côtés de ces criminelles imprévisibles, agressifs et dangereux n’en rend la tâche d’Aleks que plus dure. Surtout qu’il doit également faire face à ses collègues émoussés psychologiquement et à deux doigts d’exploser. Et si cela ne suffisait pas,  deux meurtres viennent de survenir dans cette prison. Avec un indice, un mot : « Rat ». Aussi énigmatique qu’étonnant, ces meurtres suscitent l’interrogation et l’effroi au sein du pénitencier. Au point que le FBI mène l’enquête pour découvrir qui est derrière ces deux crimes odieux… hautesecurite2.jpg

Dans Haute Sécurité, on découvre l’atmosphère terrifiante des prisons mais avec une tel exactitude, une telle justesse qu’on s’y croirait. La tension entre les gardiens et les prisonniers est palpable de même que les relations tendues  avec  les gardiens entre eux. Une véritable guerre psychologique est lancée et malheur à celui qui s’avérera le plus faible. Aidé par des dessins tout en finesse et en réalisme, certaines « gueules » nous donnent des frissons dans le dos et rendent l’histoire d’autant plus passionnante et crédible. Bien ficelé et rondement mené, Haute sécurité, cycle 1, aborde intelligemment le monde carcéral et offre un premier cycle qui se démarque des autres thrillers par son thème et les sujets qu’il aborde.

Editeur: Dupuis (www.dupuis.com) / Prix: 10,40 € /48 pages Coul. / Sortie: disponible en librairie

© Couverture et Extrait d’une planche: Haute sécurité par Gihef et Callède.  © Dupuis 2008

Les Profs refont l’histoire (Picca – Erroc)

Jeudi 10 avril 2008

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Fort de leur succès avec  « Les profs », Picca et Erroc se font plaisir et développent une série parallèle avec les mêmes personnages mais dans un univers totalement différent ! En effet, les profs refont ici l’histoire et cela déménage. On les retrouve tantôt en train d’écrire la légende de Touthéfaktis, défier les connaissances d’un génie dans « Les milles et uns cours » ou bien même donner des cours stratégiques au stratège des stratèges, Napoléon, dans « Waterloo y es-tu ? ». Pour ne citer que quelques exemples d’un ensemble particulièrement jouissif grâce à des gags drôlement bien pensés et efficaces. Après la série éponyme, on pouvait s’attendre à une autre série un ton en dessous mais au contraire, « Les profs refont l’histoire » fait un bien fou tant pour les fans de la série que pour un nouveau lectorat. Redécouvrir les profs enseignés avec autant de passion et d’hargne dans des endroits totalement différents de la traditionnelle classe, permet aux histoires d’être beaucoup plus diversifiées et variées. Aucune lassitude ne s’installe à la lecture de ce tome, au contraire. En faisant revisiter l’histoire par les profs, Picca et Erroc lancent une nouvelle ère pour des profs dont l’avenir s’annonce radieux tant ces auteurs ne semblent pas à court d’idées et de gags.

Editeur: Bamboo (www.bamboo.fr) / Prix: 9,45€ / 48 pages Coul. / Sortie: disponible en librairie 

© Couverture:  © 2008 Bamboo Edition 

Spirou et Fantasio par Emile Bravo – Le Journal d’un ingénu

Samedi 29 mars 2008

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Après avoir sorti fin de l’année 2007, un troisième one-shot sur les aventures de Spirou et Fantasio dessinée par Tarrin et scénarisée par Yann, voilà que Dupuis nous en sort un quatrième quelques mois plus tard, fort du succès du précédent. Confié cette fois-ci aux mains expertes d’Emile Bravo, auteur notamment des aventures de Jules chez Dargaud, ce nouveau one-shot est disons-le tout de suite somptueux. Depuis quelques années, Dupuis a eu l’idée de développer ces « one-shot » pour relancer sa série Spirou et Fantasio et lui donner une seconde jeunesse par le biais d’auteurs à la fois réputés et imaginatifs, qui se sont réappropriés l’univers de Spirou tout en lui ouvrant différentes perspectives. Dans les trois premiers one-shot, l’aventure était omniprésente et les références à la série mère nombreuses. Mais dans « Le journal d’un ingénu », on ne retrouve ni les méchants atypcase1planche1.jpgiques de la saga ni robot ou autres engins démoniaques destinés  à contrecarrer les plans de nos braves Spirou et Fantasio. Emile Bravo, lui, a préféré retourner à l’essence même de ce personnage. Ce groom, toujours en habit de fonction, sympathique, gentil et attachant, en se posant des questions sur sa vraie nature: Que Spirou désire-t-il ? Quelles sont ses ambitions et perspectives ? A-il connu l’amour? Quelles sont ses convictions politiques et son avis sur la politique actuelle ? Et bien d’autres encore… Tant de questions qui méritaient d’être éclaircies et dont les réponses sont exposées avec brio par le talent et l’audace d’Emile Bravo. On ne pouvait rêver plus bel hommage à Spirou que ce quatrième one-shot au style léger et épuré où souffle un doux parfum de nostalgie nous rappelant nos bandes dessinées d’antan. La bande dessinée qui par son trait et son histoire nous touche et nous fait regretter la fin de l’histoire. Avec « Le Journal d’un ingénu », on fait un bond de 70 ans en arrière pour se retrouver en plein dans les périodes troublées de l’avant-guerre. A Bruxelles, plus précisément au Moustic Hotel, où se déroule une réunion secrète entre Karl Von Glaubitz, premier secrétaire du ministre allemand des affaires étrangères et des représentants polonais en pleine discussion sur le sort de la Pologne. Réunion capitale qui pourrait décider de l’entrée en guerre de l’Allemagne. Officiant comme groom à cet hôtel, Spirou va faire la connaissance d’une charmante domestique dont il va tomber amoureux. Elle va lui faire découvrir la vie, la politique et tant de choses qui vont permettre à ce Spirou, si innocent et naïf d’ouvrir grand les yeux sur le monde. C’est également aux abords de cet hôtel qu’il fera la rencontre du fantasque Fantasio décidé à réaliser le scoop de l’année par l’entremise des informations que Spirou lui donnerait sur les résidents de son hôtel. Intrépide et sûr de lui, il fera tout pour décrocher le scoop de l’année et ce, au détriment de certaines règles qui pourraient avoir de grave conséquence sur l’avenir du pays tout entier…

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« Le journal d’un ingénu » est une petite merveille scénaristique et graphique. Un mélange à la fois harmonieux et audacieux pour un Spirou si naturelle et vrai. Loin des grandes aventures auxquelles nous avaient habitué ces prédécesseurs, on retrouve dans Spirou, le jeune homme, tracassé par son envie d’aider les autres, émerveillé par la découverte de l’ amour et du monde et étonné par sa rencontre atypique avec son nouvel ami farfelu, Fantasio. Petit déjà, nous rêvions tous de poser les questions que Emile Bravo aborde dans ce livre. Vous n’imaginez donc pas le bonheur du lecteur de pouvoir enfin avoir une partie des réponses à ces questions qui étaient secrètement enfouies au fond de notre tête et dont nous n’osions et n’espérions jamais de réponse. Un pur bonheur, un rêve devenu réalité  qui plus est dépasse également nos attentes tant l’émerveillement en lisant ce livre est présent. Avec un final accrocheur et poignant, on en vient à regretter de tourner les dernières pages de cet excellent one-shot. Nous ne pouvons que vous conseillez de vous procurer au plus vite cette petite perle qui fait honneur à la bande dessinée belge et qui valorise haut et fort nos couleurs et notre pays qui en a tant besoin. Un bijou ! 

Voir les deux premières planches:

Spirou et Fantasio
Album : Spirou et Fantasio
Emile Bravo
2 images
Voir l'album

Editeur: Dupuis (www.dupuis.com) / Prix: 13,00 € /72 pages Coul. / Sortie: 02/04/2008

© Couverture et Extrait d’une planche: Spirou et Fantasio par… (Une aventure de) par Bravo.  © Dupuis 2008

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